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Recherches sur le corail rouge de Méditerranée


Recherches sur le corail rouge de Méditerranée

Comment la nourriture influence l’installation des jeunes coraux : de nouvelles connaissances utiles à la conservation du corail rouge de Méditerranée.

L’Unité de Recherche sur la Biologie des Coraux Précieux CSM–CHANEL poursuit ses travaux consacrés à la compréhension des processus essentiels à la reproduction et au développement du corail rouge, Corallium rubrum, une espèce emblématique de Méditerranée.

Depuis juillet 2021, date à laquelle six « grottes à corail » ont été immergées à 40 mètres de profondeur dans les eaux territoriales monégasques, les équipes du Centre Scientifique de Monaco (CSM) ont progressivement identifié les conditions les plus favorables à la reproduction du corail rouge, à la fixation de ses larves ainsi qu’aux premiers stades de leur développement.

Depuis 2023, plus de 800 nouvelles naissances ont été observées témoignant des progrès réalisés dans la compréhension et la maîtrise des premières étapes du cycle de vie de cette espèce à croissance lente, de 1 à 8 mm par an, et soumise à des pressions environnementales importantes.

Une nouvelle phase : améliorer l’accès du corail à ses ressources alimentaires

Depuis la mi-septembre 2026, les recherches entrent dans une nouvelle phase : déterminer comment améliorer les conditions de nutrition du corail rouge dans les grottes afin de favoriser la survie et le développement des larves.

« Espèce fixée, le corail rouge ne se déplace pas à la recherche de nourriture. » précise le Dr Stéphanie Reynaud, chargée de recherche au CSM. « Ses apports nutritionnels reposent notamment sur la capture de particules et de plancton en suspension dans l’eau. La quantité de nourriture disponible à proximité des colonies et son transport par les mouvements d’eau sont donc essentiels à son alimentation. »

Afin d’évaluer les conditions les plus favorables à la nutrition du corail rouge, les chercheurs du CSM ont élaboré un nouveau plan expérimental. Ainsi, lors de la première phase du projet, les conditions de circulation de l’eau autour des colonies avaient été étudiées. Les résultats obtenus ont conduit les chercheurs à modifier la disposition des grottes afin de favoriser le passage du plancton à proximité du corail rouge.

Cette seconde phase s’intéresse à un autre levier : la lumière. Certaines espèces planctoniques étant naturellement attirées par celle-ci, les chercheurs ont vérifié lors d’une expérience préliminaire que l’utilisation de sources lumineuses permet d’augmenter efficacement la présence de plancton à proximité des colonies. Les scientifiques vont désormais étudier comment cet apport supplémentaire de nourriture et, ainsi, de favoriser leur accès à la nourriture va influencer la reproduction du corail rouge, la fixation des nouvelles recrues et ensuite leur croissance.

Le concours de la police maritime de Monaco (DPMA)

Cette nouvelle phase du programme fait suite à un important travail d’analyses biologiques en laboratoire et d’optimisation des dispositifs immergés.

Après avoir testé différents types de substrat, les chercheurs ont déterminé celui qui serait le plus propice au développement du corail rouge. Ainsi, le substrat choisi pour tapisser le plafond des grottes, et sur lequel se développeront les nouvelles recrues, est désormais composé de plaques de marbre blanc.

Pendant la phase d’installation des nouvelles plaques, les coraux ont été temporairement transférés dans les aquariums du CSM. Les colonies viennent d’être réinstallées par -40 mètres avec le soutien de la Division de la Police Maritime et Aéroportuaire de la Sûreté Publique de Monaco.

« Nous avons assuré la partie logistique de la mission avec la mise à disposition de notre vedette Princesse Gabriella et de son équipage, mais aussi de plongeurs pour aider les scientifiques du CSM à mener leur travail dans les grottes en tout sécurité. » précise le sous-brigadier chef de plongée sur cette mission.

Les équipes du Centre Scientifique de Monaco vont désormais effectuer des visites de contrôle tous les 15 jours pour observer le bon déroulement du programme et poursuivre le développement de méthodologies innovantes visant à consolider les bases scientifiques de la culture du corail rouge en mer.

En laboratoire, les travaux sur la biologique de l’animal vont également se poursuivre.

L’Unité de recherche sur la biologie des coraux précieux CSM-CHANEL a déjà publié plus d’une quinzaine d’articles scientifiques consacrés aux mécanismes hormonaux, génétiques, cellulaires ainsi qu’au microbiome du corail rouge de Méditerranée.

Ces travaux constituent des avancées majeures pour une meilleure compréhension de son développement, de sa biologie et des conditions nécessaires à sa conservation.