Cet instit prouve que le monde a changé de regard sur les gens tatoués

Difficile de ne pas remarquer Sylvain, alias Freaky Hoody, dans les rues de Paris. Même si sa personnalité est de nature plutôt discrète, difficile de se cacher quand on a le visage presque entièrement recouvert de tatouages colorés. Il a raconté à Konbini :

"Quand je me promène dans l’espace public, les gens sont intimidés, leur première réaction est de baisser les yeux, comme s’ils avaient peur de croiser mon regard."

Si le visage de Sylvain suffit à choquer ou à interpeller les passants, heureusement pour eux que celui-ci ne se promène pas nu : en effet, sous les habits, le corps de Sylvain est intégralement recouvert de dessins.

C’est au Mondial du tatouage que nous l’avons rencontré. Il y montrait ses tatouages impressionnants. Mais, la veille encore, Sylvain était à l’école élémentaire en train de donner cours à ses élèves. Car Sylvain était prof avant de rencontrer le tatouage.

En tant qu’instituteur remplaçant pour des classes de CP et de CE1, Sylvain n’est pas le moins du monde associé aux contre-cultures, à l’anarchisme ou au monde du crime (comme chez les yakuzas), mondes auxquels on associe souvent les tatouages intégraux.

Une aventure qui commence à Londres

 

 

Sylvain raconte que le déclic lui est venu lorsqu’il enseignait à Londres : "J’étais inspiré par tous ces Anglais tatoués, qui étaient bien dans leur corps. J’ai été prof là-bas pendant deux ans, et je me suis fait tatouer les avant-bras, une jambe et le torse dans des salons londoniens."

De retour en France, Sylvain a poursuivi son œuvre, mais il dissimulait encore ses tatouages. Une fois que tout l’espace couvert par ses habits était occupé, il ne lui restait plus qu’à continuer sur les parties visibles de son corps.

Tout le côté gauche du corps de Sylvain est dédié à des tatouages aux motifs plutôt old school et rock’n’roll, tandis que le côté droit dévoile des motifs aux influences japonaises. Les deux styles se rencontrent et se mélangent sur son dos.

"En tant que fonctionnaire, je peux faire ce que je veux. Les gens que je fréquente au travail, les enfants, les parents, les collègues, se sont tous habitués.

Les gens sont plus ouverts d’esprit qu’on se l’imagine, même si certains disent du mal de vous dans votre dos… Quant aux enfants, ils m’acceptent comme je suis sans difficultés."

D’instituteur à modèle photo

Les tatouages ont permis à Sylvain d’améliorer son estime de lui et désormais, des dizaines de photographes le suivent et souhaitent le prendre en photo, tandis que des réalisateurs le demandent pour leurs films. Mais Sylvain concède qu’en tant que modèle entièrement tatoué, l’éventail de propositions qu’il reçoit est limité :

"On me propose généralement des rôles de soldats, de méchants, de clubbeurs, de gars de l’underground. Je ne pense pas recevoir bientôt des demandes très différentes, mais ça m’importe peu. Il s’agit d’une niche. En plus, ça ne fait qu’un an que j’ai commencé, donc patience."

Sylvain est également convaincu d’avoir observé au fil de son parcours un changement de mentalité à l’égard des tatouages :

"Je n’aurais pas été accepté tel que je suis il y a 20 ou 30 ans de cela. Je suis le produit de mon époque. Je ne veux pas que ça sonne cliché, mais si je devais donner un message aux autres, je dirai : 'Faites ce que vous voulez de votre corps, du moment que vous êtes en harmonie avec qui vous êtes.'"

Et s’il n’est pas facile de se souvenir de la signification de chacun des tatouages, Sylvain continue de maintenir une relation forte avec tous les motifs qu’il porte : "Mes tatouages signifient tous quelque chose d’important, particulièrement le Om sur mon visage, ainsi que les différents stades de l’évolution de Bouddha sur mes mains et mes pieds."

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Traduit de l’anglais.