Il a fait (très) chaud ces dernières semaines dans toute la France, canicule oblige. C’est une bonne nouvelle pour les viticulteurs : la chaleur est l’ami des raisins. Mais cela veut aussi dire que le calendrier des vendanges sera légèrement avancé cette année. Dans la plupart des régions, elles devraient commencer dans le courant de la semaine du 20 août. À Fitou, dans l’Aude, connu pour son vin rouge AOC, elles ont même débuté le 7 août dernier. Et pour récolter ce raisin, il faut des bras, beaucoup de bras : près de 20.000 en Nouvelle-Aquitaine (où se situent les vignobles bordelais), plus de 22.500 en Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore plus de 21.000 en Occitanie, d’après les chiffres de la dernière enquête Besoins en Main-d’Oeuvre de Pôle emploi.

Sauf que, sauf que… Les viticulteurs peinent à recruter. “Que ce soit dans l’Yonne, en Côte-d'Or ou encore en Saône-et-Loire, les vignobles bourguignons ont du mal à trouver des candidats”, témoigne par exemple Mélanie Grandguillaume, de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB). La raison ? “Il y en a plusieurs. Sans-doute un manque d’attractivité, une méconnaissance des vendanges de la part du grand-public, mais aussi une difficulté à intéresser de potentiels candidats via les annonces de Pôle emploi. C’est pourquoi certains domaines se tournent vers de petites annonces”, continue Mélanie Grandguillaume. Elle pointe aussi les rentrées universitaires qui commencent désormais souvent début septembre, et empêchent les étudiants de venir vendanger, ce qu’ils étaient habitués à faire auparavant.

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Justement, pour faire face à cette diminution des effectifs étudiants pour récolter le raisin, le droit du travail s’est adapté. Ainsi, si vous décidez de rejoindre un vignoble pendant cette période cruciale pour les viticulteurs, vous signerez ce que l’on appelle un contrat vendanges, d’une durée maximum d’un mois. Spécificité de ce contrat, il permet d’embaucher des salariés pendants leurs congés payés, et même des fonctionnaires ! Pour éviter les conflits, mieux vaut avoir “une attestation sur l'honneur de l'accord de leur employeur habituel”, conseille la Mutualité sociale agricole (MSA), le régime de protection sociale des professions agricoles.

Un travail physique, souvent accroupi

Attendez-vous, néanmoins, à un dur labeur si les pieds de vigne vous font de l’oeil. Généralement rémunérés au Smic, les vendangeurs se répartissent en deux grands types de postes : les “coupeurs” et les “porteurs”. Les premiers coupent les grappes de raisin avec un sécateur, avant de les verser dans une hotte, hotte qui est ensuite chargée sur le dos des porteurs. Un travail physique, souvent accroupi, avec des horaires pouvant aller de 35 à 39 heures par semaine, soit environ 8 heures par jours dans les champs de vigne.