Trump dénonce un "livre bidon", ses proches saluent son "génie politique"

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Le président américain Donald Trump a de nouveau raillé dimanche un livre polémique qui met en doute sa capacité à gouverner, le qualifiant de "livre bidon" alors que des responsables de son administration ont défendu son "génie politique".

Le débat sur la personnalité du 45e président des Etats-Unis a été relancé par la publication vendredi du livre du journaliste Michael Wolff "Fire and Fury: Inside the Trump White House" ("Le feu et la colère, dans la Maison Blanche de Trump"). 

L'auteur y dresse un portait au vitriol de l'ancien magnat de l'immobilier, affirmant notamment que tout son entourage doute de sa capacité à gouverner. Il pointe notamment son incapacité à se concentrer, ses pertes de mémoire et sa préférence pour la télévision comme source principale d'information.

Michael Wolff a assuré dimanche qu'il n'avait pas eu pour objectif d'écrire un livre délibérément défavorable sur le président. "J'aurais été ravi avec une autre histoire: +Donald Trump, ce  président inattendu, va en fait réussir+. Mais ce n'est pas ça. Il ne va pas réussir. C'est pire que ce que l'on pensait", a-t-il expliqué lors d'une interview sur NBC.

"Je dois supporter un livre bidon écrit par un auteur complètement discrédité", avait tweeté le président américain plus tôt dans la matinée après s'être qualifié, la veille, de "génie très stable" pour répondre aux accusations sur ces capacités intellectuelles.

Des membres de la Maison Blanche ont également défendu dans les émissions politiques du dimanche matin la capacité de M. Trump à diriger le pays.

"Le président est un génie politique qui a gagné contre 17 personnes incroyablement talentueuses (lors des primaires républicaines, ndlr), qui a renversé la dynastie Bush, qui a renversé la dynastie Clinton", a ainsi affirmé sur CNN le conseiller à la Maison Blanche Stephen Miller.

"Le livre est considéré comme un travail de fiction très mal écrit", a-t-il ajouté, qualifiant Michael Wolff d'"auteur pourri d'un livre pourri".

L'ouvrage se moque notamment du conseiller politique, chargé de préparer le décret présidentiel sur l'interdiction d'entrée sur le territoire de ressortissants de plusieurs pays, en majorité musulmans. Le décret a dû être amendé deux fois après avoir été contesté devant la justice.

M. Miller y est dépeint comme un auteur de discours "incapable de construire des phrases", un conseiller politique "qui connaissait peu la politique" ou un spécialiste de la communication "qui braquait tout le monde".

- 'Il ne va pas réussir' -

Le livre de Michael Wolff se veut une compilation de confidences rassemblées auprès du président et d'environ 200 conseillers de M. Trump sur une période de 18 mois pendant la campagne électorale et depuis l'élection du président. 

Michael Wolff a expliqué sur NBC "n'avoir absolument pas" violé les accords de confidentialité avec ses interlocuteurs, admettant que M. Trump n'avait "probablement pas pensé que (leurs conversations) étaient des interviews". Michael Wolff affirme avoir interviewé le milliardaire pendant trois heures, avant et après son élection en 2016. 

Il a également évoqué l'inquiétude supposée de nombreux conseillers sur une révocation - très peu probable - du président au titre du 25e amendement de la Constition. Celui-ci prévoit en effet que le vice-président gouverne en cas d'incapacité du président d'exercer les pouvoirs.

Ces conseillers disaient régulièrement "on en est pas encore au niveau du 25e amendement", a-t-il affirmé.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a répondu sur ABC News que personne à la Maison Blanche "ne met en doute la stabilité du président", fustigeant un livre écrit par quelqu'un qui "irait jusqu'à mentir pour avoir l'argent et la gloire".

Sur Fox News, le directeur de la CIA Mike Pompeo a pour sa part assuré que "le président est impliqué, il comprend la complexité, il pose des questions difficiles à nos équipes de la CIA". M. Trump, un "fervent consommateur" des compte-rendus de l'agence, est "tout à fait apte" à la fonction présidentielle, a-t-il ajouté.