Rencontre avec Eric NC, l'interview du fondateur de l'émission FAN DE FUNK

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Rencontre avec Eric NC, l'interview du fondateur de l'émission FAN DE FUNK

FANDEFUNK.COM : Comment définir le funk, le boogie ???
ERIC NC : C’est une musique qui a été crée par les afro-américains, faite pour danser. Elle donne du plaisir et donne envie de se défouler sur les pistes de danse… mais on retrouve aussi ces fameux titres « mid-tempo » qui sont à mi chemin entre le slow et la dance. C’est une musique avec de nombreuses influences : soul, jazz, disco, reggae et rock. L’amour est le thème principal avec un intérêt manifeste pour la danse, la recherche d’une transe.

FDF : Quand est-ce que le funk est né ?
ERIC NC : Le boogie ou « funky » est une musique qui est apparue à la fin des années 1970 au moment où le disco était saturé. Les artistes avaient envie de s’exprimer sur une musique moins artificielle, beaucoup plus sincère et chaleureuse que le disco. Ils voulaient retrouver quelque chose d’authentique au niveau des émotions (comme dans la soul) et surclasser le disco avec des productions plus riches et recherchées. Selon mon ami Philippe de Boogie-times records, en France le terme « funky » est devenu populaire grâce au tube « Funky town » de Lips inc. Mais il se trouve que le terme exact est le « boogie » mais il est bien moins répandu.
(Il y a confusion de façon similaire avec le « rock » qui confond toutes les musiques dansantes et rythmées.)

FDF : Quelles sont les évolutions de ce mouvement musical ?
ERIC NC : Avec le « funky » ou « boogie » c’est devenu très créatif et il y avait de la mixité ! (En ce qui concerne la technique, je ne suis pas musicien et ça m’est difficile d’en parler). L’émotion « prime » mais c’est assez subjectif, tout dépend de sa façon personnelle de ressentir la musique.

ERIC NC : Ce que l’on remarque surtout au niveau des instruments c’est la basse qui cogne : les cordes claquent et les graves résonnent. En ce qui concerne les autres instruments, c’est surtout la guitare, les synthés et les cuivres qui sont utilisés avec de nombreux effets électroniques, des boites à rythme. Sur certains morceaux on retrouve même de la guitare électrique et parfois des instruments inhabituels : flute, xylophone...

FDF : Le rythme est très différent du disco ?
ERIC NC : Oui, tout à fait. Le tempo est moins rapide que celui du disco, plus proche de la soul, mais s’appuie sur une grosse caisse très présente. Pour parler du rythme il y a beaucoup d’intensité car ça doit donner envie de danser. - Avec la mélodie il y a « du groove, comme on dit ». Le chant est très sensuel, exalté et ponctué d’envolées lyriques. C’est toujours une performance dans la mesure où les chanteuses et les chanteurs changent d’octaves très souvent (des graves aux aigus et inversement). A savoir que la majorité de ces chanteurs ont eu une formation gospel dès leur plus jeune âge. Le funk a été assimilé à tort au hip-hop au moment ou il est devenu plus électronique mais n’en fait pas vraiment partie (le rap est engagé et dénonce une condition sociale, un malaise, rien à voir avec les paroles basées sur les sentiments, l’amour, la foi et la danse).

FDF : Revenons à ton parcours… Et la radio… quand et comment a tu commencé ?
ERIC NC : Dans les années 1980, j’avais 15 ans et j’ai découvert les radios libres. J’ai eu la chance de débuter sur une radio renommée à Béthune : radio Artois 2000. J’ai commencé en tant que chroniqueur dans une émission de pop et hard-rock. Ensuite, j’ai animé une émission en programmant les tubes des discothèques en partenariat avec un disquaire. J’ai changé plusieurs fois de radios et j’ai été DJ en tant que généraliste. J’ai décidé de tout arrêter et pendant 13 ans je me suis consacré à d’autres activités notamment artistiques vu que j’ai une formation beaux-arts.

FDF : On te connaît surtout pour Fan de funk…
ERIC NC : C’est venu à une période ou je numérisais ma collection de disque et je me suis intéressé à la musique assistée par ordinateur. Avec internet, et grâce au MP3, j’ai découvert qu’il était possible de distribuer mes émissions au format numérique pour les radios. J’ai commencé par créer des « sessions » de mix (medleys) que j’ai adapté au format radio. J’ai été encouragé par plusieurs responsables d’antenne et des DJs sur des forums et je me suis mis à produire mes émissions de chez moi. En 2008, j’ai monté mon site internet fandefunk.com. Ensuite, et avec l’aide de radio plus 104.fm (Douvrin) j’ai monté et diffusé mes premiers podcasts. Ca reste du bénévolat, l’intérêt étant de promouvoir le funk des années 1980 sur les radios internet et FM.

FDF : Et ensuite il a eu ton émission en direct ?
ERIC NC : Oui c’est devenu possible (enfin) ! Radio plus a déménagé et s’est installé dans de nouveaux locaux qui m’offrent désormais la possibilité de réaliser mes émissions en direct chaque vendredi de 20h à 22h. J’essaye de proposer à mes auditeurs un maximum de diversité disco et funk, avec des sonorités différentes en privilégiant la décennie 1980 avant la venue de la « dance et du « R’N’B », un vaste programme ! J’encourage aussi la production d’artistes francophones d’aujourd’hui en les diffusant dans l’émission. J’enregistre l’émission dans les conditions du direct