Maladie de Lyme : comment s'en protéger, la diagnostiquer et se soigner

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Méconnue, cette infection transmise par les tiques fait l’objet d’une vaste polémique au sein du corps médical, divisé tant sur le dépistage que les traitements à adopter.

La maladie de Lyme s'attrape par la piqûre d’une tique, qui va transmettre une bactérie du genre Borrelia. On estime qu’environ 5 à 20% des tiques, ces parasites qui prolifèrent sur les cerfs, les chiens, le bétail, les sangliers ou les oiseaux, sont contaminées. En France, les régions les plus infestées sont l’Alsace, la Lorraine, le Limousin, l’Auvergne et la région Rhône-Alpes.

Comment s’en protéger ?

Un seul moyen : utiliser des répulsifs cutanés naturels (comme Care Plus ou Aries) et porter des vêtements longs et fermés lorsqu’on se promène en forêt ou dans n’importe quelle zone boisée et humide. Après une balade, bien s’inspecter le corps, sans oublier le cuir chevelu, les parties génitales, les plis du genou.

Si l’on est quand même piqué, retirer au plus vite la tique, non pas en l’arrachant sans précaution, mais à l’aide d’un tire-tique disponible en pharmacie. Puis, se désinfecter. Plus vite la petite bête est enlevée, moins on a de chance d’être contaminé. Ces précautions sont d’autant plus importantes qu’il n’existe aucun vaccin.

Quels sont les symptômes ?

 Dans près d’un cas sur deux, le premier signe est un érythème migrant, soit une tâche rouge qui s’étend autour de la piqûre. Celui-ci peut apparaître entre trois et trente jours après la morsure. Mais l’infection peut aussi rester souterraine pendant des années et se réveiller quand les défenses immunitaires baissent, à l’occasion d’un choc psychologique.  

On entre alors dans une seconde,  phase, voire une troisième. Les symptômes sont alors multiples et très handicapants : fatigue chronique, troubles neurologiques (paralysie, atteintes des nerfs…), articulaires (douleurs au coude, au genou..), musculaires, parfois aussi cardiologiques et ophtalmologiques. 

Comment diagnostique-t-on Lyme ?

 C’est la pomme de discorde. Officiellement, le diagnostic repose sur une observation des manifestations physiques ainsi que sur la recherche d’anticorps. Le protocole consiste à pratiquer le test Elisa et ensuite, seulement si Elisa est positif ou douteux, le test Western Blot. Sauf que de l’aveu même du Haut conseil pour la santé publique (HSCP), Elisa n’est pas suffisamment sensible.

"Nous avons recommandé que le test Elisa soit amélioré, explique Patrick Berche, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, coauteur du rapport de l’HSCP sur le sujet, car on peut estimer qu’environ un tiers des malades ne sont pas détectés par le test." 

Des associations de malades et une partie des médecins réclament d’accéder directement au Western Blot, voire à d’autres tests non reconnus en France : Elispot, PCR, utilisé en France sur les animaux… Au stade de l’érythème migrant, il est dans tous les cas inutile de pratiquer le test Elisa, puisque l’organisme n’a pas encore eu le temps de produire d’anticorps. 

Comment se soigne-t-on ?

Là encore, la conduite officielle à tenir en cas d’infection est farouchement contestée. Définie en 2006 lors d’une conférence de consensus, celle-ci veut que l’on donne jusqu’à 21 jours d’antibiotiques lorsque la maladie en est encore au stade de l’érythème migrant. Quand l’infection est soignée à ce stade, on en guérit normalement très bien. Si Lyme atteint les phases secondaire et tertiaire, d’autres cures d’antibiotiques peuvent encore être prescrites, mais les médecins ne sont pas autorisés à dépasser deux mois de traitement. 

Les détracteurs de ces recommandations estiment au contraire que les antibiotiques doivent être pris sur une très longue durée : plusieurs mois et parfois même plusieurs années. En outre, ceux-ci estiment qu’un traitement antibiotique ne peut suffire à lui seul, qu’il est crucial d’adopter un mode de vie le plus sain possible (alimentation bio et équilibrée, sport) pour détoxifier l’organisme et renforcer ainsi son système immunitaire. Des malades s’astreignent également à un régime sans gluten et sans lactose, sans sucre, espérant ainsi enrayer l’infection.