Les grands changements qui attendent le sport en 2018

L'année qui vient va être marquée par plusieurs changements majeurs dans le football, le cyclisme ou encore la Formule 1.

Ceux qui souhaitent du changement pour 2018 vont être servis, avec plusieurs évolutions majeures qui touchent des disciplines comme le football, le cyclisme ou la Formule 1. Amélioration, révolution ou dénaturation? Verdict dans quelques semaines. 

Changement de format pour la Ligue des champions

La révolution s'annonce moindre que lors des années 1990. Après avoir été rebaptisée Ligue des champions, l'ex-Coupe des clubs champions avait vu l'introduction d'une phase de groupes, puis l'ouverture aux clubs non-champions, ce qui élargissait considérablement le nombre de participants. Le format a régulièrement évolué depuis. L'édition 2018-2019 va marquer une réorganisation en ce qui concerne la répartition des clubs, pour une période de trois saisons. 

 
 

Entériné début 2017, ce changement garantit quatre places aux quatre meilleurs championnats (Espagne, Angleterre, Allemagne et Italie) contre trois places directes et une qui oblige de passer par des barrages actuellement. Le championnat de France ne bénéficie pas vraiment de cette réorganisation puisque la Ligue 1 conserve deux tickets directs et un troisième soumis au succès lors de deux tours préliminaires. Une double épreuve surmontée une seule fois ces cinq dernières saisons. 

Pourquoi? L'UEFA paraît avoir décidé ce changement de formule pour contenter les clubs les plus puissants. Et les voir mettre de côté le projet de super ligue, ce championnat fermé réunissant la crème du foot européen, qu'ils brandissent régulièrement. Pas de chance pour les petites nations qui voient l'accès à la Ligue des champions devenir plus escarpé, contrairement aux réformes menées par l'ex-président de l'UEFA Michel Platini. 

Réduction du nombre de coureurs par équipe cycliste

Fin juin, l'Union cycliste internationale (UCI) a annoncé la réduction du nombre de coureurs par équipes sur les grands tours. Quelques jours plus tard, le scénario du Tour de France 2017 a constitué la meilleure publicité pour cette idée. Chris Froome avait remporté la Grande Boucle pour la quatrième fois, mais le Britannique n'avait jamais paru aussi peu serein sur les routes françaises, donnant l'impression que sa victoire tenait surtout à la nette supériorité de son équipe, la formation britannique Sky. 

"Il y avait une volonté partagée des organisateurs et de l'UCI, validée aussi par les équipes, de réduire légèrement la taille des équipes, huit coureurs pour les grands tours, sept pour les autres épreuves du WorldTour. Le compromis qui a été trouvé est bon. Est-ce que ce sera suffisant? Je ne le sais pas encore", avait confié à l'AFP le nouveau président français de l'UCI, David Lappartient, fin novembre. 

Le passage de neuf à huit coureurs sur les grands tours doit donner des courses moins cadenassées, mais aussi renforcer la sécurité du peloton, en réduisant sa taille. Reste que les équipes avec le plus de moyens garderont leur avantage sur les autres. Pour reprendre l'exemple de la Sky sur le Tour de France 2017, l'équipe avait perdu le Gallois Geraint Thomas, contraint à l'abandon à la fin de la première semaine, ce qui ne l'avait pas empêchée de contrôler la suite de la course. 

Apparition du halo en Formule 1

Les pilotes n'en sont pas fans. Les écuries non plus puisqu'elles ont toutes critiqué son introduction, à l'exception de Ferrari. Et pourtant, tout le paddock va devoir s'habituer au "halo", ce système de protection frontale, imposé dès la saison à venir. Testé sous plusieurs formes ces derniers mois, l'adoption du "halo" a été entérinée par la Fédération internationale de l'automobile (FIA) en juillet. 

Vainqueur des quatre derniers championnats du monde pilotes et constructeurs, le directeur de Mercedes ne perd pas une occasion pour manifester son hostilité. "C'est un élément horrible. [...] C'est une énorme pièce de métal, trop lourde, qui paraît complètement étrangère et j'aimerais la scier si je pouvais!", a encore affirmé Toto Wolff au média américain ESPN il y a quelques jours. 

La McLaren de l'Espagnol Fernando Alonso équipée du système de protection frontale de cockpit "halo" lors des essais pour le GP d'Italie, sur le circuit de Monza, le 1er septembre 2017

La McLaren de l'Espagnol Fernando Alonso équipée du système de protection frontale de cockpit "halo" lors des essais pour le GP d'Italie, sur le circuit de Monza, le 1er septembre 2017

afp.com/MIGUEL MEDINA

Le "halo" doit protéger encore davantage les pilotes. Il doit notamment éviter qu'un pneu qui se serait détaché puisse retomber sur leur tête. Mais, au-delà de son aspect esthétique discutable et de son poids, des pilotes comme Romain Grosjean estiment que le système gêne la visibilité. L'ajout de cette protection marque peut-être un pas de plus vers un cockpit fermé, comme pour les voitures des 24 Heures du Mans, une idée qui rebute les puristes. 

Introduction de l'arbitrage vidéo en Ligue 1

Fini les expérimentations. Après un usage hors ligne de l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) lors d'un match amical France - Espagneen mars et l'instauration du système à partir des quarts de finale de la Coupe de la Ligue dès janvier 2018, le football français a franchi le pas. Une saison après l'Italie, l'Allemagne, le Portugal mais aussi l'Espagne, le championnat de France aura droit à la VAR à compter du mois d'août 2018. Le conseil d'administration de la Ligue de football professionnel en a décidé ainsi mi-décembre. 

La VAR ne rencontre pas toujours un franc succès, depuis que la Fifa a lancé la phase de test grandeur nature il y a un an et demi. Pour le moment, l'arbitre central peut faire appel à la VAR dans quatre cas : but marqué, carton rouge, penalty ou erreur sur l'identité d'un joueur. En mars prochain, l'IFAB, l'organe garant des lois du jeu, doit décider de l'adoption définitive ou non de cette assistance vidéo. 

Souhaitée par les élites du football français, la VAR va faire son apparition en Ligue 1 dans le cadre d'une dynamique qui semble inéluctable. Le président de la Fifa ne cesse de pousser en faveur de cette aide à l'arbitrage et espère son utilisation lors du Mondial 2018. Bonne ou mauvaise chose? Le débat entre pro et anti-vidéo reste vif. Le public français pourra se faire une meilleure idée des avantages et inconvénients du système en 2018.