Dans les coulisses de l'atelier René Pierre, le roi du baby-foot

Les baby-foot s'imposent au cœur des bureaux. Bonne surprise, la plupart sortent des ateliers d'une PME française !

Quel est le point commun entre Station F, l'incubateur de start-up le plus couru de la capitale, et le siège parisien de La République en marche, installé depuis l'été dernier dans un ancien espace de coworking ? Le baby-foot, bien sûr ! Après avoir égayé les fins d'après-midi dans les arrière-salles de bistrots, le bon vieux football de table connaît une nouvelle jeunesse grâce à la déferlante du management 2.0. Toute entreprise adepte du travail collaboratif se doit désormais de posséder un espace récréatif au centre duquel trône un baby-foot. Bonne surprise, la plupart sortent des ateliers d'une PME française ! À l’approche de la Coupe du Monde 2018, découvrez ci-dessous l’entreprise championne du football de table.

 

 

Photo 1/15© Laurent Troude pour Management
À Chalon-sur-Saône, 50 salariés au sein de la SA René Pierre

À Chalon-sur-Saône, 50 salariés au sein de la SA René Pierre

L'un des principaux fabricants de baby-foot et de billards est en effet une entreprise française, la SA René Pierre, implantée depuis les années 1950 à Chalon-sur-Saône. Depuis quelques années, cette PME d'une cinquantaine de salariés fait face à une demande croissante. Et quand les commandes affluent, comme lors de notre visite, l'effervescence règne dans le bâtiment de 7.000 mètres carrés qui abrite la production. Le boss en personne n'hésite pas à manier le tire-palettes ou à charger les produits dans les camions de livraison.

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Scie numérique

Scie numérique

C'est tout au fond de l'atelier que débute la production. Les panneaux d'aggloméré de plusieurs mètres de longueur, qui serviront à la fabrication des billards d'entrée de gamme et de la plupart des baby-foot, sont découpés par une imposante scie à commande numérique. Grâce à son logiciel d'optimisation, la machine, acquise il y a deux ans à peine pour la somme rondelette de 300.000 euros, élabore les plans de coupe pour réduire les chutes au minimum.

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Production tricolore

Production tricolore

De chaque côté de la vaste allée centrale, les artisans du bois entrent ensuite en action. Sur la gauche, les ébénistes font vrombir toupies, rabots, dégauchisseuses et scies électriques pour façonner une à une les pièces des billards.

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PROPOSÉ PAR LA CENTRALE DES SCPI

EST-CE UNE BONNE IDÉE D’INCLURE DES SCPI DANS SON CONTRAT...

 

Cadres, entrepreneurs, salariés, retraités, tous ont la même problématique en tête : comment faire fructifier utilement son argent ?

Billard sur-mesure

Billard sur-mesure

Le jour de notre visite, la plupart étaient destinées à la fabrication du Mao, le modèle le plus haut de gamme du catalogue. “Il faut de cinquante à soixante heures de fabrication pour réaliser un billard personnalisé”, précise Jérôme Marot, le responsable qualité et méthode. Selon le modèle, le client peut choisir la teinte du bois, la couleur du tapis, mais aussi la forme du cadre ou la couleur des pieds.

 

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80 baby-foot par jour !

80 baby-foot par jour !

La partie droite de l'allée est, elle, réservée à la fabrication en série des baby-foot et aux grosses machines à commande numérique. En fin d'année, pour faire face à la hausse de la demande, la production peut atteindre jusqu'à 80 baby-foot assemblés en une journée. 

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Machine de pointe

Machine de pointe

La “Baz” est la plus impressionnante d'entre elles. Cet après-midi-là, elle découpe à la chaîne les flancs en hêtre des baby-foot de modèle Compétition. “Il lui faut dix minutes pour usiner une pièce”, témoigne le menuisier qui surveille l'ordinateur (un bug n'est jamais exclu ! ), s'occupe de charger la machine et de récupérer les pièces découpées.

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Made in France grâce au numérique

Made in France grâce au numérique

“Beaucoup se demandent comment nous réussissons à produire des jeux de fabrication 100% française, alors que la concurrence avec la Chine fait rage, commente Claude Pierre, président de la société. Le secret, vous l'avez sous les yeux : c'est la menuiserie numérique.” Depuis les années 1990, l'entreprise a beaucoup investi pour rester compétitive. La Baz, pour ne citer qu'elle, a coûté 400.000 euros, “mais elle nous permet d'obtenir des formes impossibles à réaliser autrement”.

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L'âge d'or des années 70

L'âge d'or des années 70

Une croissance à deux chiffres durant ces trois dernières années et 7,4 millions d'euros de ventes en 2016 confirment que ces choix ont été judicieux. Mais Claude Pierre ne cache pas que la société fondée par son père, René, revient de loin... Tout commence en 1952, lorsque René Pierre, fils de menuisier, quitte l'atelier familial pour monter sa propre menuiserie. Très vite, il constate que le baby-foot s'impose dans les cafés français et décide de fabriquer ses propres modèles. Quand, quelques années plus tard, il se lance dans la production de billards, l'entreprise connaît un véritable boom. Au plus fort de son activité, dans les années 1970, elle emploie jusqu'à 180 personnes et réalise 1.000 baby-foot et 400 billards par mois ! “A l'époque, tous ces jeux de table étaient exclusivement destinés aux bars et aux cafés, et fonctionnaient avec un monnayeur, se souvient Claude Pierre. L'entreprise en restait propriétaire et partageait les recettes avec les débits de boissons.” Mais, au début des années 1990, l'activité s'effondre : en mal de rentabilité, les bars donnent la priorité à leur espace de restauration.

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Les particuliers, nouvelle cible

Les particuliers, nouvelle cible

En 1992, Claude Pierre, qui vient de reprendre la direction de l'entreprise familiale, doit impérativement trouver d'autres débouchés. Son idée : s'adresser aux particuliers. De nombreux adultes gardent la nostalgie des parties endiablées disputées dans les cafés, pourquoi ne pas leur donner la possibilité de retrouver ces sensations chez eux ? Le hic : comment caser à domicile les 2,80 mètres d'un billard traditionnel ? Claude Pierre décide de jouer sur des formats réduits, avec des modèles de 2,60, 2,40 et même 2,20 mètres. En 1995, l'entreprise s'offre même une petite révolution en proposant le premier billard table : un plateau amovible qui permet de transformer le plan de jeu en table de salle à manger. “A l'époque, tous nos concurrents ont ricané, raconte Claude Pierre. Aujourd'hui, les billards tables représentent 80% de nos ventes et sont devenus des meubles à part entière…”

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Repérer les tendances du moment

Repérer les tendances du moment

Comme les startup qu'elle équipe, la marque a fait de l'innovation son credo. Chaque année, elle sort de nouveaux modèles, du baby-foot vintage jusqu'au billard d'extérieur en matériau composite et drap traité comme une bâche, qui sera bientôt sur le marché. “Notre petit bureau d'études crée ces nouveaux modèles et écume les salons du meuble et du design pour repérer les tendances du moment”, explique Claude Pierre. Résultat : les cafés ont pour ainsi dire disparu du portefeuille de clients, et 99% de la production est destinée aux particuliers, aux collectivités (centres de loisirs, campings...) et aux entreprises.

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Des sportifs parmi le personnel

Des sportifs parmi le personnel

La société cherche d'ailleurs de bons commerciaux pour étendre son activité, notamment à l'export, qui ne compte encore que pour 5% dans le chiffre d'affaires. Les profils privilégiés ? Peu importe le pedigree, soutient le patron, l'important est de partager la passion qui anime l'entreprise. Quatre de ses principaux collaborateurs sont ainsi d'anciens sportifs reconvertis.

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Dernière touche

Dernière touche

Dans l'atelier de montage, la journée touche à son terme. Les opérateurs finissent d'assembler les derniers baby-foot - sagement alignés sur leurs barres, les joueurs entrent enfin sur le terrain -, avant de les emballer pour l'expédition. Les 80 produits fabriqués depuis le matin voyageront entiers jusqu'à leur destination.

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Livraison à domicile

Livraison à domicile

Ce n'est pas le cas des billards, expédiés en pièces détachées pour être assemblés directement chez le client par les livreurs maison. “Un billard ne peut pas être déplacé, explique Sébastien Menneveaux, responsable grands comptes. C'est pourquoi nos clients, lorsqu'ils déménagent, choisissent souvent de le vendre avec la maison et d'en racheter un autre.” Quand on aime...

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PROPOSÉ PAR LA CENTRALE DES SCPI

EST-CE UNE BONNE IDÉE D’INCLURE DES SCPI DANS SON CONTRAT D’ASSURANCE VIE ?

 

Cadres, entrepreneurs, salariés, retraités, tous ont la même problématique en tête : comment faire fructifier utilement son argent ?

Quel prix ?

Quel prix ?

De 500 à 3.500 euros pour un baby-foot.

De 2.000 à 15.000 euros pour un billard.

Photo 15/15