ASTUCES VOYAGE Comment réduire son impact écologique en voyage ?

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Comme reduire l'empreinte écologique de ses voyages sans compromettre son désir d'aventure? A la maison comme en voyage, nos choix et nos comportements ont un impact sur l'environnement. Que ce soit à travers la nourriture et l'eau que l'on consomme, les produits que l'on achète ou les déchets et le gaz carbonique que l'on rejette, notre parcours sur la Terre laisse des traces. Un grand voyage n'est pas un prétexte pour se défiler de ses responsabilités, au contraire. Plusieurs moyens ont été imaginés pour soulager à la fois la Terre et votre conscience. 

L'empreinte écologique, c'est quoi? 

L'empreinte écologique est un concept apparu dans les années 1990 qui permet d'évaluer la pression qu'une population donnée exerce sur les ressources naturelles, notamment sur la capacité de la nature à se renouveler et à absorber les rejets.  Ainsi, plus un mode de vie requiert de ressources et génère de déchets, plus son empreinte sera grande. Inversement, une population qui consomme peu et principalement localement laisse une empreinte faible. C'est ce calcul qui est mis en avant lorsque l'on affirme qu'il nous faudrait "plusieurs planètes" si tout le monde consommait et polluait comme on le fait dans les pays les plus industrialisés. 

Estimer son empreinte carbone

Le calcul précis des émissions de gaz à effet de serre (GES) est un problème complexe. Pour un trajet en avion, par exemple, compte-t-on uniquement le CO2 émis ou ajoute-t-on aussi l'impact des particules qui assombrissent l'atmosphère et captent ainsi davantage les rayons du soleil, participant ainsi au réchauffement de la planète sans être considérés comme des gaz ? Quelles émissions sont considérées être de la faute de l'homme spécifiquement? Pour simplifier le calcul, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énegie, l'ADEME, a mis en place de nombreux outils tel une grille visant à évaluer la production de GES en voyage. De nombreux calculateurs sont également disponibles sur Internet. Toutefois, selon les critères retenus pour le calcul, les résultats peuvent varier du simple au double.. Voici quelques sites pouvant vous être utiles: 

  • Coach carbone : dernier-né des outils de l'ADEME et de la Fondation Nicolas Hulot, le coach identifie pour vous des options concrètes pour réduire votre empreinte carbone en perdant des kilos d'eCO2 !

  • Bilans ADEME : base de données de l'ADEME, un peu complexe à naviguer et disponible sur inscription. Très utile pour réaliser vos propres grilles de calcul et comprendre comment son calculées les valeurs de l'eCO2. 

  • Ecocomparateur SNCF : le fameux écocomparateur de la SNCF qui compare à la fois le prix, le temps et les émissions en CO2 du train, de la voiture et de l'avion

  • Alimentation : calculateur spécifique à l'alimentation. 

 



Réduire son impact sur l'environnement

L'eau potable

Dans certaines régions du monde, la qualité de l'eau est une préoccupation quotidienne du voyageur qui souhaite préserver sa santé. Il est tentant de ne consommer que de l'eau en bouteille pour minimiser les risques alors qu'on n'en consommerait jamais à la maison. Pourtant, il est possible d'ajouter un traitement pour assainir l'eau : pastilles désinfectantes, chloration, microfiltration, traitement UV, paille-filtre, etc. Il faut aussi parfois tenir compte de la disponibilité de l'eau douce dans un endroit donné. Prendre une douche quotidiennement n'a pas le même impact en Islande qu'au Sahara. Une bonne stratégie est d'aligner ses pratiques et sa consommation sur la population locale, quitte à laisser de côté son confortpour quelques temps. 

La nourriture

La façon dont on se nourrit a de multiples impacts sur l'environnement. L'agriculture occupe non seulement une grande surface mais elle consomme aussi beaucoup d'eau douce, d'énergies fossiles et bien souvent de produits chimiques comme les engrais ou des pesticides qui ont un impact durable sur les sols et les eaux de surface. A cela s'ajoutent la transformation, le transport et la distribution des denrées qui nécessitent bien souvent de l'eau et de l'énergie à toutes les étapes. 
Pour réduire son empreinte écologique au niveau de l'alimentation, on vous conseille de manger des fruits et légumes locaux et de saison, en privilégiant une alimentation faible en viande et en poisson et en évitant les plats préparés et suremballés. Enfin, vous pouvez minimiser le gaspillage de nourriture en ne commandant jamais plus que nécessaire et en ayant toujours avec vous un contenant pour remporter les restes au restaurant. 
>>> La production de viande est responable de 14.5% des émissions humaines mondiales de gaz à effet de serre. 

Biodiversité 

Les conséquences du passage d'un voyageur sur la biodiversité locale peuvent sembler infimes, mais c'est en additionnant les actions de tous les voyageurs que la pression sur les écosystèmes se fait ressentir. Pour minimiser votre impact, laissez derrière vous le moins de traces possibles de votre passage, que ce soit en ne jetant pas de déchets dans la nature, en ne prélevant pas d'espèces protégées ou en respectant les consignes mises en place dans les aires protégées. 
>>> L'organisme Goodplanet a mis en place un guide de consommation responsable permettant de s'y repérer rapidement 

Le matériel

Le voyage alternatif invite à adopter une démarche minimaliste quant à nos acquisitions de matériel de loisir. On vous conseille de privilégier des objets légers mais aussi autant que possible durables, réparables, polyvalents, non toxiques, consommant peu d'électricité, produits localement et/ou de façon éthique. Une autre façon d'alléger votre impact est de donner une seconde vie à du matérield'occasion et de revendre ou de donner le votre lorsque vous ne l'utilisez plus. Pour ce qui est des produits d'hygiène, il est préférable d'opter pour des marques bio et non toxiques ou des produits que vous faites vous-même. Enfin, il est important de savoir que votre choix de matériel éléctronique et votre usage d'Internet a des conséquences, même si elles ne sont pas directement visibles. Les émissions carbone d'Internet ont en effet maintenant dépassé celles de l'industrie aérienne et représentent environ 2% des GES émis. Faire votre part, c'est donc rationaliser et optimiser l'usage que vous faites du matériel éléctronique et d'Internet

Le transport

En France, le secteur du transport compte à lui seul pour près de 30% des émissions humaines de GES. Pour le voyageur, l'avion est sans doute le moyen de transport ayant le plus grand impact climatique par passager et par kilomètre, notamment s'il est utlisé pour pratiquer de courtes distances.  Il devrait donc être un moyen de transport de dernier recours pour l'écovoyageur qui priviligiera un transport au fil de la terre ou de l'eau. Si vous souhaitez couvrir de grandes distances, privilégiez autant que possible les transports d'optimisation comme le covoiturage, le voyage en cargo ou les différentes formes d'auto-stop. Enfin, les transports en commun émettent moins de polluants que l'usage de l'auto solo ou de l'avion, en plus d'avoir un rôle social important auprès des populations locales. 

Les déchets

A la maison comme sur la route, les voyageurs peuvent adopter des stratégies efficaces de réduction en s'inspirant de l'approche zéro déchet, dans cet ordre : 

  • Refusez tout ce qui ne vous est pas utile, que vous ne comptez ni garder ni utiliser. S'il s'agit d'un cadeau et qu'il serait malvenu de le refuser, songez à le donner en cadeau plus loin sur la route, pour garder vivante et heureuse la chaîne du don. 

  • Réduisez le contenu de votre sac à dos en choissant votre matériel de façon délibérée, avec des objets durables et polyvalents. Réduisez aussi les emballages en vous ravitaillant auprès des marchés, halles, dépôts de vrac et magasins bio. Envisagez de louer ou d'emprunter un équipement plutôt que de l'acheter si vous en faites un usage très occasionnel

  • Réutilisez les contenants, bouteilles et sacs dont vous n'avez pas pu vous passer. Passez aux produits hygiéniques lavables et réutilisables (coupes, serviettes, mouchoirs). Ayez toujours avec vous votre gourde ou gobelet. 

  • Recyclez dans la mesure des infrastructures locales. Vous rappeler que celles-ci diffèrent parfois fortement de celles dont vous avez l'habitude et valorisez les projets d'upcycling à vocation sociale. 

  • Compostez lorsque c'est possible vos déchets organiques. 

>>> Pour plus d'informations sur la gestion des déchets et les stratégies de réduction, allez sur www.reduisonsnosdechets.fr et sur le blog de Béa Johnson. 

Compenser ses émissions de GES

Pour inverser la vapeur et restaurer l'équilibre climatique, il nous faut diminuer nos émissions gloables de GES. En théorie, il est possible de compenser les émissions d'un vol France-Pérou en plantant une forêt en Asie ou en implantant des centrales électriques à énergies renouvelables là où il n'y en a pas, le principe étant 'agir intentionnellement en provoquant la baisse, l'annulation ou l'absorption des GES là où, sans cette initiative, rien n'aurait été fait. Les organismes de compensation volontaire proposent à leurs clients d'acheter des kilos d'eCO2 compensés par des projets qu'ils financent. En calculant votre consommation carbone, vous avez alors la possibilité de "racheter" le CO2 émis. En Europe, deux marchés distincts coexistent : le marché réglementé, très encadré et principalement destiné aux industries visées par les quotas d'émission, et le marché volontaire, indépendant des contraintes réglementaires.  Quelques opérateurs : 

  • Co2solidaire : Premier programme de compensation volontaire à avoir vu le jour en France. Allie projets de développement solidaire et compensation carbone. 

  • Goodplanet : Association française qui invite à s'engager concrètement sur les projets de compensation

  • Carboneboreal : Projet québécois avec des arbres plantés localement

  • Carbonfund et Terrapass : Deux organismes internationaux de référence

Il est finalement assez difficile de mettre en place un projet légitime, rigoureux et efficace, et de comptabiliser le carbonne réellement émis, réduit ou compensé. Outre les limites liées aux calculs, il y a un risque de dérésponsabilisation. Compenser n'est pas une solutionet ne dois pas nous faire oublier le vrai problème : nous devons émettre moins de GES, individuellement comme collectivement.